Maladie & errance médicale

Me réconcilier avec la naturopathie ?

img_8563-copier-copieUn vaste programme, et là-dessus, seule la vie va vraiment décider pour moi. Si dans le fond, je suis toujours autant attachée au monde de la naturopathie qu’il y a quelques années, lorsque je l’ai découverte – en surface c’est plus compliqué. Au début, je me délectais des blogs de naturopathes et de certains livres. Profonds, permettant de redécouvrir des savoirs ancestraux, oubliés et pourtant efficaces, défiant toute logique. Écrits avec passion, sérieux et méthodologie. Mais alors que tout cet univers faisait rire les gens et énoncer directement le terme de charlatanisme ; ces dernières années ont été décisives et ont vu émerger la « mode du bien-être ».

De nouvelles formations ont fleuri, plein de nouveaux thérapeutes, autant de personnes s’exprimant sur le sujet. Des courants, des phrases ont commencé à m’agacer. J’ai découvert aussi à quel point l’intolérance faisait partie de certains de ces gens-là. Je voulais m’instruire, et je lisais un discours culpabilisant et même parfois méprisant ! N’est-ce pas l’effet inverse que devrait créer l’éducation à la naturopathie ? Ne devrait-on pas allier bien-être et bienveillance ? C’est au même moment que mon état de santé a connu une chute encore plus spectaculaire que celle qu’elle connaissait déjà. C’est aussi au même moment que ma formation en naturopathie commençait. Drôle de timing, et pas des plus heureux. Apprenant et connaissant alors de nouvelles techniques, j’ai essayé ce que je n’avais pas encore essayé (c’est-à-dire, pas grand chose).

S’il y a eu de bons thérapeutes, il y a les « moins bons », non pas parce qu’ils avaient moins de savoir… parce qu’encore une fois derrière l’accompagnement que j’aurais du trouver, j’ai en fait senti et entendu des paroles que j’ai oubliées tellement elles ont pu m’énerver ou me blesser. C’était le genre à me faire comprendre que j’avais mal fait les choses, que j’avais un karma tout pourri, que décidément j’étais bien faible, et surtout que tout s’expliquait évidemment par ce qu’il y avait dans ma petite tête et mon petit cœur tout noir. Il y a eu la goutte qui a fait déborder le vase ; je ne sais plus quand elle est tombée mais à partir de là, j’ai fait une overdose de ce qui aurait du m’aider. Je revois les visages de ces thérapeutes ne se rendant même pas compte qu’il leur manquait l’humilité, la place au doute, l’ouverture d’esprit. Pour ne rien arranger, j’ai découvert aussi que certains croient dur comme fer au fait que la naturopathie peut tout régler, tout soigner (alors que soigner n’est d’ailleurs pas le but, il me semble, cela ne concerne que les professionnels de la santé). Ils diront « on ne peut pas soigner tous les malades », en expliquant que certains ne veulent pas guérir par exemple.

Que dire ? Suis-je vraiment la seule sur cette planète à rester imparfaite malgré tous mes efforts ? À garder au coin du cœur quelques blessures, petites ou grandes ? À vouloir me faire plaisir parfois avec ce que m’offre la vie, comme un bon plateau de fromage ? Non, définitivement non ! Je n’ai jamais dit à qui que ce soit que mon but dans la vie était de devenir une sainte, d’être parfaitement pure, d’être dans la perfection. Mais cette croyance est bien ancrée, certains affirment que les émotions sont la cause de tout quand on n’arrive pas à expliquer autrement le mal, et là… ils agissent juste pareil que tous ces médecins contre lesquels ils s’insurgent, voire condamnent.

Je pourrais encore beaucoup parler sur ce que j’ai vu, entendu, et compris. Mais ce n’est pas vraiment mon but. Mon but, c’est de me réconcilier moi-même avec la naturopathie. Car il n’y a pas que ça. Quand on est physiquement très affaibli, le mental s’écroule lui aussi, et ce chamboulement global que j’ai connu m’a fait vivre des choses dont je ne me serais pas vraiment doutée. Impossible pour moi d’entendre parler de maladie ou d’un minime souci de santé par exemple. Overdose là aussi, mais pas que. Je me suis rendue compte que lorsque mon traitement agissait, ça allait presque comme sur des roulettes, comme avant où je pouvais accompagner un proche à l’hôpital sans trembler… et lorsque j’étais en rechute, parler d’un ongle incarné aurait pu me faire perdre connaissance ! Difficile de travailler dans ces conditions…

J’ai cru avoir complètement perdu mon amour pour la naturopathie. J’ai cru ne plus être intéressée, curieuse, du tout. Il est vrai que si j’avais pu trouver un peu de bienveillance dans tout ça, ça m’aurait probablement aidée. Je n’ai trouvé que solitude. On peut être malade, aller vers des gens qui prônent la bienveillance, et se sentir encore plus rejeté… à raison. Parfois je me dis qu’il faut le vivre pour le croire, pourtant je ne souhaite à personne de le vivre. J’aurais aimé éviter les jugements alors que j’étais au plus mal, j’aurais aimé au moins être entendue, j’aurais aimé sentir qu’on m’écoutait, j’aurais aimé trouver plus d’humilité.

Même si je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui pour moi, étant donné que mes études sont au point mort – car comment dire… la maladie emporte tout ce qu’elle peut, y compris la concentration, mon QI et tout le reste. Le traitement aide – parfois beaucoup -, mais il est contraignant et prend beaucoup de place, de temps. Cependant, je continue à appliquer ce que je sais, à être touchée par ce qui a trait à la santé, à l’environnement. J’ai continué à croire en l’efficacité des mesures de prévention ou d’aide de la naturopathie alors que depuis des années je m’acharnais et que rien ne bougeait quoi que ce soit pour moi… jusqu’au jour où je me suis rendue compte que j’aurais eu besoin de puissants anti-infectieux. Ce n’est pas beau, quand même ? Combien s’en seraient désintéressé, se seraient dit que « ça ne marche pas » ?

Alors lorsque ça va, lorsque je sens que je suis capable de me replonger dans mes cours alors que j’ai tout oublié, que je pense avoir travaillé pour rien, que je vais sûrement louper le coche de l’examen, que je ne peux plus aller en cours, que me replonger là-dedans est difficile puisque ça me rappelle des comportements qui m’ont enfoncée au lieu de m’aider… quand ça va, je fais, et j’essaye de me ré-ouvrir aux bienfaits que j’y trouve, pour moi. Car malgré tout, il y en a eu, et j’ai bon espoir qu’il y en ait de nouveau.

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7 réflexions au sujet de « Me réconcilier avec la naturopathie ? »

  1. Ton article me parle beaucoup, pas seulement en ce qui concerne la naturopathie d’ailleurs. À force de lire ou d’entendre que je dois lâcher prise, penser positif, faire des efforts pour aller « mieux »… J’en ai ras-le-bol. Être malade et en plus se sentir coupable de l’être, c’est horrible !

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    1. Je te comprends largement ! En plus chaque chose ne marche pas pareil pour tout le monde. On peut se sentir mieux en cultivant le lâcher-prise, ou ne pas être réceptif du tout… si on nous laissait souffler un peu 🙂 Moi je dis qu’il faut lâcher-prise du lâcher-prise ahah ! Sérieusement, personnellement j’essaye de me laisser vivre le + possible. Je fais de mon mieux mais sans me prendre la tête, parce qu’à force, c’est fatigant. Courage !

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  2. 💖
    C’est un comble… Ces intolérants qui ne parlent justement que d’intolérance. Ce genre de thérapeutes se sont souvent trompés de côté hélas. Par chance tu as su justement prendre tes distances pour commencer a trouver ta réalité 😉 moult bises

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour,
    Je suis aussi en formation de naturopathie et je crois qu’on devrait tous lire ton article pour éviter de tomber dans ces travers… je me traîne une pathologie chronique moins handicapante que toi mais c’est parfois difficile de discuter avec certains autres élèves, qui au bout de un mois de formation tombent un peu dans cette tendance de jugement et « je sais tout »-« tu dois faire ça! ». Bon courage pour la suite, j’espère que tu finiras par trouver les réponses, aller mieux, et si tu retrouves l’intérêt de la naturopathie tu ferais une très bonne thérapeute, très humaine et à l’écoute je pense !

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    1. Bonjour,
      Merci beaucoup pour ton message ! Je suis contente de voir que tu es en formation et que tu comprends tout de même 🙂 Je vois que tu connais du coup un peu le même phénomène que celui dont je parle, j’en suis d’ailleurs désolée car ça peut être agaçant voire blessant. Au moins avec la pathologie chronique que tu as tu sais déjà qu’il n’y a pas toujours de solution parfaite ou toute faite et c’est vraiment une bonne chose je trouve ! Surtout pour les personnes qui viendront te voir 🙂
      Merci beaucoup pour tes encouragements 🙂 je te souhaite une bonne continuation dans ta formation !

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